Charlie Egalie Tjapaltjarri
Collections:
- National Museum of Australia , Canberra, ACT.
- South Australian Museum, Adelaide, SA.
- Holmes a Court, Perth, WA.
- The Elysium Collection
- University of Western Australia Anthropology Museum, Perth, WA.
Œuvres
Charlie Egalie Tjapaltjarri (1940-2002)
« Women In The Early Dreamtime » 46 x 51 cm – 1974 Provenance: Certificat Papunya Tula, Northern territory, Australia EXHIBITION: The Pacific Asia Museum, Pasadena, CA, 1980 – 1981; California State University, Northridge, CA, 1988 Modern Museum of Art, Santa Ana, CA, 1989.
Biographie
Charlie Egalie Tjapaltjarri (c.1940-2002) à Pikilyi (Vaughan Springs), au nord-ouest du mont Liebig, près de Waite Creek, Charlie Egalie Tjapaltjarri appartient aux groupes linguistiques Walpiri et Luritja, au cœur du désert central australien. Son enfance se déroule sur ses terres ancestrales, dans un environnement profondément structuré par la Loi, les cérémonies et les récits du Tjukurrpa (Dreaming), fondements spirituels et territoriaux de la culture aborigène.
Il reçoit une éducation européenne élémentaire à l’école missionnaire de Yuendemu et est initié près de Haasts Bluff, marquant son entrée dans les responsabilités culturelles et cérémonielles de son peuple. Comme beaucoup d’hommes de sa génération, il travaille ensuite comme stockman pendant plusieurs années, d’abord à Haasts Bluff puis dans le Queensland, avant de poursuivre à la station de Narwietooma après son mariage avec Nora Nakamarra.
Charlie et Nora comptent parmi les premiers habitants de Papunya, arrivés aux débuts de l’établissement, à une époque où seules quelques maisons y étaient construites. C’est dans ce contexte, au début des années 1970, qu’émerge le mouvement artistique de Papunya Tula — moment fondateur de l’art aborigène contemporain. Bien que mentionné dans l’ouvrage historique de Geoffrey Bardon consacré à la naissance de ce mouvement, Charlie situe le commencement de sa pratique picturale autour de 1972, lorsque Peter Fannin dirige Papunya Tula Artists.
À ses débuts, il est guidé par des figures majeures telles que Billy Stockman Tjapaltjarri, Kaapa Tjampitjinpa et Johnny Warangkula Tjupurrula. Comme eux, il participe à la traduction visuelle des récits cérémoniels ancestraux vers le médium acrylique sur toile, adaptant les motifs traditionnels du sable et du corps à une nouvelle surface picturale.
Son œuvre s’inscrit dans la grande tradition iconographique du désert occidental. Elle représente des sites et récits liés aux Dreamings des Femmes, de la Fourmi à sucre, de la Perruche ondulée (Budgerigar), du Wallaby, du Feu de brousse et du Rêve de l’Homme. Ces peintures ne sont pas de simples paysages symboliques : elles cartographient un territoire spirituel, inscrivant dans la surface picturale les trajets ancestraux, les points d’eau, les lieux cérémoniels et les événements mythiques qui structurent le pays.
Charlie Egalie Tjapaltjarri vivait à Mt Liebig, où sa famille s’est rapprochée de ses terres autour de Kunajarrayi. Son œuvre a connu une reconnaissance significative : sa peinture Budgerigar Dreaming a été choisie pour la couverture de l’ouvrage Wildbird Dreaming de Nadine Amadio. En 1985, il représente Papunya Tula Artists lors de l’exposition Face of the Centre à la National Gallery of Victoria, affirmant la place centrale des artistes du désert dans l’histoire de l’art australien contemporain.
L’influence de Charlie s’étendait également à sa famille : sa fille Natalie Corby peint depuis le début des années 1980 sous son enseignement, et son épouse Nora Egalie Nakamarra réalise depuis 1989 des œuvres liées à son propre pays de Kunajarrayi.
L’œuvre de Charlie Egalie Tjapaltjarri témoigne d’une période charnière : celle du passage d’une tradition cérémonielle millénaire à une reconnaissance internationale de l’art aborigène contemporain. Sa peinture conjuguais autorité culturelle, mémoire du territoire et innovation picturale, participant pleinement à l’affirmation d’une esthétique du désert devenue emblématique.