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Churchill Cann

Collections:

  • Kerry Stokes Collection
  • Private Collections
  • Harvey Wagner Collection, USA
  • Murdoch University, Perth WA
  • Edith Cowan University Perth WA
  • National Gallery of Victoria, Melbourne
  • Artbank, Sydney
  • Wollongong University Collection, Wollongong, Austalia

Prix:

  • 2013 Winner – Western Australian Artist Award at the Western Australian Indigenous Art Awards

Œuvres

Biographie

 

Churchill Cann (1944 – 2016) fut l’une des figures importantes du mouvement d’art contemporain de Warmun, dans la région du Kimberley oriental en Australie-Occidentale. Influencé par la première génération d’artistes aborigènes ayant fondé ce mouvement, notamment Rover Thomas, Queenie McKenzie et George Mung Mung, Churchill Cann développa une œuvre profondément ancrée dans le territoire Gija, la mémoire culturelle et les récits transmis par les anciens.

Ses peintures se distinguent par leurs textures précises, leurs compositions lumineuses du paysage, leur atmosphère mystérieuse et la gravité silencieuse des histoires marginalisées qu’elles évoquent. Son travail exprime une relation intime au territoire, nourrie par toute une vie passée à parcourir le bush australien.

Dès son plus jeune âge, Churchill Cann travailla comme stockman dans des stations d’élevage bovin, notamment à Texas Downs, à l’est de Warmun, ainsi qu’à Alice Downs, Mabel Downs, Spring Creek et Lissadell. Monter à cheval à travers le bush constituait pour lui une manière de vivre le pays et d’apprendre auprès des anciens tout en évoluant dans l’univers pastoral imposé par les colons blancs. Il possédait également une connaissance approfondie des pratiques traditionnelles de guérison, héritée de son père.

Ces expériences nourrirent directement son œuvre :
« Je peins ces collines où nous avons voyagé. Je pense à leur véritable apparence. Je suis simplement les collines où j’ai marché. »

Dans un entretien réalisé en 2012, Churchill Cann expliquait que son rapport à la peinture remontait à l’enfance, lorsqu’il observait son oncle et son grand-père fabriquer et réparer des objets. Il racontait : « Tout ce qui était cassé, il le réparait. » Pour lui, peindre relevait du même geste ancestral que ferrer un cheval, redresser une lance en bambou ou travailler la cire de sugarbag : un acte de mémoire, de transformation et de transmission.

Bien qu’il fût extrêmement sérieux et concentré dans son travail, Churchill Cann possédait également un esprit joueur et plein d’humour. En 2013, il intitula son exposition personnelle à la William Mora Galleries Joolany Wariwoony – Cheeky Dog, en référence au Jarrinyin, une créature de son Dreaming qu’il décrivait comme « un chien démoniaque au long cou de girafe ».

Cette même année, il reçut le prestigieux Western Australian Indigenous Artist Award décerné par l’Art Gallery of Western Australia, consacrant l’importance de son œuvre dans l’art contemporain autochtone australien.

L’héritage de Churchill Cann se prolonge également à travers le regard de sa fille, Charlene Carrington, qui lui consacra un portrait remarqué. Elle raconte :
« Papa était stockman sur le territoire de Texas Country, à la frontière du Queensland et de la Nouvelle-Galles du Sud, où il est né. Il a commencé à peindre lorsqu’il s’est installé à Warmun, auprès des anciens Gija Rover Thomas, Queenie McKenzie et George Mung Mung. Ils m’ont appris à peindre et m’ont transmis les histoires de ce pays. J’ai toujours écouté, et j’ai toujours peint ces histoires. »

À propos de son portrait, Charlene Carrington explique la symbolique des éléments représentés :
« Dans la peinture, cette colline brune qui forme son chapeau, c’est Red Butte. C’est un bon endroit pour pêcher et un lieu où les anciens avaient l’habitude de se retrouver. La partie jaune du chapeau représente le sable autour de Red Butte, et les boutons symbolisent les points d’eau de Texas. Quand nous étions enfants, nous montions là-haut pour nous baigner. L’eau était très claire, comme une grande piscine. La lune autour de son cou représente le collier que je lui avais offert et qu’il portait toujours. »

Elle ajoute :
« Je dessinais déjà à l’école et j’avais appris à faire des portraits, mais c’est très difficile avec l’ocre. Je pense que ce sera le dernier portrait que je ferai ; je voulais peindre mon père. »

Née à Perth en 1977, Charlene Carrington a travaillé récemment comme assistante pédagogique aborigène à l’école de Purnululu. Sa participation au prestigieux Archibald Prize marquait sa première sélection, et son portrait de Churchill Cann est aujourd’hui conservé dans la collection de l’Art Gallery of New South Wales.

À travers son œuvre et l’hommage rendu par sa fille, Churchill Cann demeure une figure majeure de l’art autochtone australien contemporain, dont les peintures continuent de transmettre la mémoire du territoire, les récits ancestraux et la force spirituelle du peuple Gija.