Roy Wingman 

Collections

Art Gallery of Adelaide
Art Gallery of New South Wales (Sydney)
Art Gallery of Western Australia (Perth)
Berndt Museum (Perth)
Museum and Art Gallery of the Northern Territory (Darwin)
National Gallery of Australia (Canberra)
National Gallery of Victoria (Melbourne)
National Maritime Museum (Sydney).

Prix

Œuvres

Biographie

Ce terme Ilma désigne tout aussi bien une cérémonie (cérémonie publique, les cérémonies secrètes portant un nom différent) que les objets réalisés pour le besoin de cette cérémonie. Les Ilmas sont dirigés, réalisés par un seul homme qui aura reçu tous les éléments (chants, chorégraphie, panneaux ou autres objets) de ce rite en rêve par les Esprits Rai d’hommes décédés. C’est ainsi qu’on retrouve des ilma lors des danses accompagnant les Balga les plus célèbres de la fin du XX ème siècle : le Gurirr Gurirr (Kuril Kuril) « rêvé » par Rover Thomas, le Cyclone Tracy créé par Geoffrey Mangalmarra, Wanalirri de Wattie Ngerdu et ceux donnés par Roy Wiggan.

Dans le Gurirr Gurrir de Rover Thomas les Ilma sont en fait des panneaux peints, illustrations en quelque sorte des chants et des danses. C’est ce qu’on trouve comme ilma dans la plupart des communautés du Kimberley. Le ilma des Bardi (dont les terres traditionnelles sont situées à l’Ouest du Kimberley en fait entre Broome et Derby, une région côtière), sont plus schématiques et plus riches. Les ilma trouvent leur origine parmi les nombreux objets de la culture du Kimberley, comme les objets fabriqués à partir de cheveux, ou des lances, des panneaux en écorce ou en bois. Ceci nous permet de mieux comprendre peut-être l’origine des ilma des Bardi, constitués aujourd’hui d’éléments différents comme le bois (qui sert d’armature), de peintures et de fil de coton coloré et de coton. Des ilma d’autres ethnies dérivent des ilma des Bardi et des Gija, ils peuvent être formés de panneaux peints dont les bords vont être ornés de fils colorés.

La forme, la couleur (souvent très vives – il ne faut pas perdre de vue que les ilma seront souvent contemplés en mouvement, les couleurs et la structure de l’ilma donnant alors toute sa force) sont donnés à l’officiant par les esprits Rai. Les ilma des Bardi décrivent généralement un phénomène naturel (la pluie, un site naturel, un animal aussi,…) mais également des émotions ou des concepts métaphysiques. Les ilma sont alors une porte entre le monde physique et le monde spirituel. Uniques, les ilma montrent que les Bardi ont su trouver un langage visuel vraiment original. Traditionnellement les ilma ne sont pas vendus. Mais récemment, Roy Wiggan, a pris la décision de les vendre dans l’espoir de les voir préserver pour les générations futures.

Les musées en ont ainsi acquis (9 sont conservés par la National Gallery of Victoria par exemple et la National Gallery of Western Australia en possède quelques beaux exemplaires mais c’est un musée de Sydney qui a acquis le plus bel ensemble). Roy est persuadé que sa culture va disparaître entièrement ou en partie. Il regrette que les jeunes de son ethnie acceptent de danser uniquement contre de l’argent. Roy Wiggan est l’un des doyens des Bardi. Il est né en mai 1930 à Sunday Island, une région où les caprices du temps mettent en péril la vie des Aborigènes. La connaissance des éléments naturels est essentielle à la survie. Bien entendu, la technologie occidentale y a profondément modifié les conditions de vie des Aborigènes.
Roy vit désormais à Broome prés de ses 11 enfants et 23 petits enfants. Il a perdu sa femme en 2000 et bien que moralement il ait du mal à s’en remettre, il espère atteindre les 100 ans… « Puisque je ne fume pas, ne boit pas et marche tous les jours ». Il a occupé différents emplois durant sa vie : chauffeur, salarié dans des fermes, chasseur de crocodile mais aussi dans l’industrie de la perle ou du cheval,… . Roy est un initié hautement respecté, gardien de nombreux chants et histoires. Il est le seul de sa communauté à réaliser des ilma. Il les a reçu lui-même en rêve de l’esprit de son père (mort en décembre 1963). En fait, Roy n’est pas le seul à avoir reçu des rituels en rêve. Le grand ami de son père, Billy Ah Choo a lui-même reçu une série de chants centrés sur la vie de Henry Wiggan (de façon subite alors qu’il chassé). Sammy, le fils de Billy, perpétue cette tradition avec le fils aîné de Henry, notre Roy Wiggan.Il a représenté son peuple lors de missions au Japon et aux USA. Ses ilma sont une véritable encyclopédie des connaissances traditionnelles des Bardi.