Phyllis Thomas Booljoongali
Collections
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Museum and Art Gallery of Northern Territory, Darwin
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Parliament House Collection, Camberra
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Art Gallery of Western Australia
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Art Gallery of New South Wales, Sydney
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Museum of Contemporary Art Australia, Sydney
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Private and corporate Collection…
Prix
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2015 – 32nd Telstra National Aboriginal & Torres StraitIslander Art Award
Œuvres
Phyllis (Booljoonngali-Nakarra) Thomas, (b. 1935-2018)
« Island Yard – Ord River » 60 x 80 cm – 2001 Provenance: Warmun art centre, WA
Phyllis Thomas Booljoongali (c.1933-2018)
« Gemerre » 200×200 cm – 2005 Provenance: from arts centre VENDU
Biographie de Phyllis Booljoongali Thomas
Phyllis Booljoongali Thomas (c. 1933–2018) est une artiste aborigène australienne majeure du Kimberley oriental, reconnue pour ses peintures à l’ocre naturel, ses représentations du Dreaming (Ngarranggarni) et son rôle essentiel dans la transmission culturelle.
Origines et territoire (Kimberley, Australie)
Née vers 1933 à Turner River (Kartang Rija), Phyllis Booljoongali Thomas grandit dans la région de Purnululu, dans l’est du Kimberley, aujourd’hui classée au patrimoine mondial de l’UNESCO. Issue des peuples Kitja (par sa mère) et Jaru (par son père), elle développe une relation profonde avec son territoire, qui deviendra le sujet central de son œuvre.
Elle travaille dans des stations pastorales du Kimberley avant de s’installer avec son mari, Joe Thomas, dans différentes stations, notamment Springvale, Mabel Downs et Bow River. Ensemble, ils participent activement au développement de la communauté de Rugan (Crocodile Hole).
Transmission culturelle et engagement communautaire
Phyllis Booljoongali Thomas joue un rôle clé dans l’éducation culturelle au sein de sa communauté. Elle enseigne aux enfants la culture aborigène, incluant la peinture, la sculpture et les danses traditionnelles. Elle contribue également à des programmes linguistiques et artistiques à Warmun, renforçant la transmission des savoirs aux jeunes générations.
Carrière artistique et peinture aborigène
Inspirée par Queenie McKenzie, elle commence à peindre dans les années 1990 et rejoint en 1998 le collectif fondé par Freddie Timms, Jirrawun Arts.
Son travail se distingue par :
- l’utilisation de pigments naturels (ocre)
- la représentation de sites sacrés du Dreaming (Ngarranggarni)
- des récits liés à l’histoire coloniale du Kimberley
- des thèmes culturels comme le bush tucker et les peintures corporelles
Ses œuvres représentent notamment les paysages de Roogoon (Crocodile Hole), ainsi que les régions des rivières Ord et Turner.
Reconnaissance et expositions
Phyllis Booljoongali Thomas acquiert rapidement une reconnaissance nationale. Elle est sélectionnée dès 1999 aux National Aboriginal and Torres Strait Islander Art Awards, l’un des prix les plus prestigieux d’Australie.
Son œuvre The Escape est particulièrement remarquée :
- mention spéciale au NATSIAA en 2000
- acquisition par le Museum and Art Gallery of the Northern Territory
- série de huit toiles acquise en 2003 par la Art Gallery of Western Australia
Elle est également finaliste du prix Wynne 2018 à la Art Gallery of New South Wales avec My Stolen Sisters from Gija Country, une œuvre évoquant les déplacements forcés des familles aborigènes.
Aujourd’hui, ses œuvres figurent dans :
- des collections publiques majeures
- des collections privées internationales
- des institutions australiennes, y compris le Parlement
Artiste aborigène du Kimberley : style et importance
Phyllis Booljoongali Thomas est considérée comme une artiste ocre de première génération et une figure importante de la peinture aborigène contemporaine du Kimberley.
Son travail se caractérise par :
- une forte dimension narrative
- une connexion directe au territoire
- une authenticité culturelle reconnue
- une valeur élevée sur le marché de l’art aborigène
Autres pratiques artistiques et culturelles
En plus de la peinture, elle est chanteuse et danseuse au sein du Neminuwarlin Performance Group. Elle participe notamment au Perth International Arts Festival en 2002.
Elle contribue également à des projets culturels collaboratifs comme Joonba / Junba / Juju, dédiés à la transmission des chants et danses traditionnels du Kimberley.